Personnalité triple A

C'est un type de personnalité qui avait au départ été définie comme présentant un risque d'accident cardio-vasculaire supérieur à la moyenne : agressif, actif, anxieux. Le cadre qui veut devenir chef, et qui en est puni.

Brian Hayden, professeur de paléo-anthropologie à l'Université de Fraser (Canada), a écrit "Naissance de l'inégalité - L'invention de la hiérarchie". Il nous dit :

"Je désigne parfois ceux qui présentent les caractéristiques d'un intérêt personnel supérieur à la normale comme des personnalités de type "triple A" (chefs avides, agressifs et accumulateurs). Si on laisse libre cours à ces types de personnalité, ils ruinent généralement la vie des autres, érodent les institutions sociales et culturelles et dégradent leur environnement. Ils ont toujours été une force avec laquelle il a fallu traiter (comme le montre le taux élevé d'homicides même au sein des sociétés simples de chasseurs-cueilleurs), et ils le sont encore aujourd'hui. Ainsi il se pourrait bien que 90% des problèmes de notre monde soient causés par 10% de la population."

Personnalité hystérique ou histrionique

Le centre de son comportement est la séduction hypersexualisée, quel que soit le type de relation (social, professionnel...) : le sujet doit toujours être au centre de l'attention d'autrui, et pour cela il est dans le théâtralisme, la dramatisation et l'exagération des expressions émotionnelles. De ce fait l'hystérique est souvent vécu par les autres comme une allumeuse ou un don Juan.

Le corps total est érotisé, le regard essentiellement, mais aussi la parure, la coiffure, le maquillage et les vêtements.

L'investissement dans la relation psychosexuelle est très superficiel : l'excitation est plus importante que la jouissance psychique. La relation à l'autre est essentiellement narcissique. 

Dans la relation thérapeutique, le transfert est très vite érotisé, constituant une défense contre le transfert maternant ou homosexuel.

Personnalité limite ou borderline

Le sujet borderline présente une série de caractéristiques et de perturbations (affectives, cognitives et relationnelles) :

Sentiment de vide chronique (ennui, lassitude).

Irritabilité, colère, rage.

Image de soi instable avec des variations extrêmes.

Traits psychotiques : méfiance, vécu hostile, idées de référence, dépersonnalisation, déréalisation.

Relations interpersonnelles chaotiques et conflictuelles, oscillant entre l'idéalisation et la haine, entre la dépendance anaclitique et le besoin de distance et de fuite.

Passages à l'acte autoagressifs (automutilations, tentatives de suicide).

Prises de toxiques (alcool ou drogues), abus de médicaments, conduites à risque.

Personnalité psychopathique ou antisociale

Le psychopathe est caractérisé par l'instabilité, l'impulsivité et l'inadaptabilité sociale.

Dès l'enfance, on trouve chez lui des manifestations caractérielles : colères, agressivité, oppositions, inadaptation scolaire...

Puis apparaissent actes délictueux, conduites toxicomaniaques et conduites à risque.

Sa vie adulte est marquée par l'instabilité professionnelle et affective.

Dans les relations interpersonnelles dominent chez lui les tendances égocentriques et manipulatrices.

L'intolérance à la frustration le caractérise : il réagit immédiatement et violemment sur un mode clastique.

Dans les moments d'anxiété le passage à l'acte lui sert d'exutoire immédiat, les alcoolisations ou prises de toxiques pouvant jouer aussi ce rôle.

Les psychanalystes ont évoqué au sujet du psychopathe une incapacité à intégrer les pulsions dans le symbolique, une absence de représentation, de mentalisation et de fantasmatisation, une carence de Surmoi.

Les débuts du psychopathe entraînent vite un rejet de la part des parents et de l'école qui le pousse à un durcissement, un mépris des règles, un affrontement à la loi et un rejet des émotions.

Les psychopathes ont également tendance à surévaluer l'hostilité dans leur environnement, se rapprochant par là de la personnalité paranoïaque.

Personnalité paranoïaque

Personnalité caractérisée par sa rigidité et son assurance d'avoir toujours raison. Peut se déployer soit dans la mégalomanie (le meilleur, seul contre tous), soit dans la conviction d'être toujours persécuté (la faute toujours aux autres).

Le tempérament paranoïaque est méfiant, querelleur, provocateur, orgueilleux, méprisant. Il vit d'affrontements, de combats, de procédures, et dans le soupçon de complots permanents.

Enfermé dans ses obsessions et ses rancoeurs, il tend à se marginaliser ou à s'aigrir, sauf s'il arrive à s'investir dans une activité adaptée à ce tempérament : syndicale, politique ou religieuse.

L'aggravation de tous ces traits peut évoluer vers un vrai délire paranoïaque de structure psychotique, avec des théorisations touchant à l'espionnage, au complot politique, à l'ésotérisme, aux médecines parallèles ou à la para-psychologie.

Personnalités schizotypique et schizoïde

Il s'agit de personnalités qui présentent une vulnérabilité ou une prédisposition à la schizophrénie : une sorte de schizophrénie latente, présente aussi chez certains membres de la famille, et qui ne se révèle sous forme de décompensation que lorsque certains facteurs déclenchants apparaissent (événements personnels, familiaux, sociaux ou prise de toxiques qui font flamber la dopamine : cannabis, cocaïne...).

Schizotypique : très gêné dans les relations sociales et les relations affectives avec les proches. A souvent l'impression qu'on l'observe, le critique ou le juge. Pense avoir des pouvoirs spéciaux pour prévoir les événements ou lire la pensée des autres. Son langage présente des bizarreries. Sa tenue et son comportement présentent un certain maniérisme. Très solitaire du fait de sa méfiance et de son anxiété sociale.

Schizoïde : très détaché de tout type de relation sociale et d'une expression émotionnelle très pauvre. Se replie dans des activités solitaires et abstraites (jeux mathématiques, logiques ou informatiques) ou en rapport avec l'imaginaire. Froid, distant, replié, sans réactivité émotionnelle.

 

 

Derniers commentaires

17.05 | 15:56

C'était vrai en 2016, ça l'est en 2022, il faut que certains viennent se rafraîchir la mémoire ici. Bravo !

23.06 | 13:14

Bravo, clair et precis...

19.07 | 13:52

combien nous devrions lire pour comprendre que le monde n'est pas en avant pas devant mais en terre de terreur

Partagez cette page